Les Projections-débats  

La création documentaire continue à être d'une grande richesse en ce qui concerne, entre autres, le traitement de problématiques sociales et culturelles historiques ou d'actualité concernant notre environnement diret ou indirect. Quand elle est de qualité, elle permet à nous spectateurs de porter un regard critique, analytique, réaliste et parfois poétique, voire humoristique, sur certains faits de société; là où les médias par exemple échouent de le faire.

 

Certains documentaires nous intéressent aux Ateliers du monde, tout particulièrement, car ils utilisent le registre musical non pas en tant que technique d'habillage sonore mais en tant qu'angle d'attaque d'un sujet ou d'expression d'un point de vue. La musique, comme les autres arts vivants populaires, reflète une culture et raconte des histoires, autrement que par le verbe, sur des individus ou groupements d'individus dans leurs contextes particuliers. C'est ce type de documentaire que nous avons souhaité mettre à l'honneur en proposant, de manière occasionnelle, des projections-débats.

 

RAJAA, ça veut dire espérance...

53' - 2019

Film documentaire écrit et réalisé par Marielle Duclos

Lauréat du Nouvelle Aquitaine film Workout

Projection-débat

Mardi 28 Juillet 2020, 16h

- 6 rue des Quatre saisons, Quartier Crins 1, Graulhet -

 

En présence de la réalisatrice Marielle Duclos

Synopsis

 

Des hommes venus en France, séparés de leurs enfants restés au pays, cohabitent dans un
foyer de travailleurs migrants.
Forbon, un jeune musicien vient s’y installer et leur propose de chanter des berceuses qu’il
enregistrera. Chaque chant dévoile un peu de leur culture, de leur personnalité, de leur
sensibilité. Dans l'intimité de ces ateliers, ils renouent avec des émotions et des souvenirs
enfouis.
Ces berceuses entrent en résonance avec leurs témoignages. Ils nous confient la complexité
d’une paternité à distance et d’une vie entre deux pays.
Au loin, la voix d’une enfant devenue adulte, nous raconte en miroir, le manque du père et
la blessure de la séparation.

 

La genèse du film


" En tant que médecin gynécologue, mon quotidien est auprès des femmes.
Je suis là pour écouter, diagnostiquer, soigner, rassurer. J’ai appris à interroger, à observer
et à palper les corps. Je suis au cœur de l'intime.
Pendant que je prends soins des femmes, ma sœur est médiatrice sociale dans un foyer de
travailleurs migrants hébergeant exclusivement des hommes.
Lorsque j’apprends qu’un atelier autour des berceuses aura lieu au sein du foyer, je suis tout
de suite interpellée.
La place des pères, la paternité dans l’exil… Tout cela résonne en moi.
Je repense à mes consultations et à ces hommes quasi fantomatiques lors du suivi de la
grossesse. Ils sont à la fois présents et absents, assis à côté de leur femme, émus,
impressionnés, inquiets. J'ai réalisé qu'il n'y a pas assez de place ni de temps pour eux dans
cette consultation.
Alors que les femmes viennent à moi en consultation, c’est à présent à mon tour d’aller vers
ces hommes. Le chemin s’inverse …
Ces ateliers m’ont permis de les rencontrer individuellement, dans un cadre intime,
d’instaurer une confiance, condition nécessaire pour capter de manière sensible ce que ces
hommes ont accepté de me confier.


Alors que les mots sont parfois difficiles à trouver, la gestuelle, les regards, les rires, les voix,
les non-dits parlent de manière pudique."

Marielle Duclos

 

 

Visualiser la Bande Annonce du film RAJAA

 

 

QETIQ - Rock' n Urümchi

55' - 2013

Film écrit et réalisé par Mukaddas Mijit (Chine, Région autonome ouïghoure)

​Distinction Festival International Jean Rouch - Voir Autrement le monde

 

Projection-débat

jeudi 16 mars 2017, 18h30

Espace Culturel Bonnefoy

Toulouse

Le destin conduit Michael Dreyer dans un petit bar d’Ürümchi (capitale de la Région autonome ouïgoure, Chine), où jouent Perhat Khaliq et son groupe. Il est immédiatement fasciné par la voix extraordinaire de Perhat et ses interprétations rock de la musique traditionnelle ouïgoure et kazakhe. Il décide alors d’inviter le groupe à se produire en Allemagne, au festival Morgenland Osnabrück dont il est le directeur. Une aventure parsemée d’obstacles, d’émotions et de belles représentations.

 

Auteur-Réalisateur : Mukaddas Mijit
Image : Gunter WallbrechtMukaddas Mijit
Son : Martin Schmeing
Montage : Daan Wierda
Producteur délégué : Morgenland Festival Osnabrück

 

 

Si je te garde dans mes cheveux...

70' - 2013

Film écrit et réalisé par Jacqueline Caux

Prix SACEM du meilleur documentaire musical 2014

 

Projection-débat

lundi 21 mars 2016, 20h30

- Cinéma Utopia Toulouse -

 

En présence de la réalisatrice Jacqueline Caux et de la chanteuse palestinienne Kamilya Jubran

Le titre de ce film est une allusion directe à ce tabou qu’est - dans les pays arabes - la chevelure des femmes, qui devrait être cachée, alors que toutes les musiciennes qui ont participé à ce film refusent de porter le voile. Ce titre est donc une allusion à l’érotique du cheveu.

Ce film est, de fait, un manifeste, puisqu’il présente l’histoire actuelle de plusieurs femmes Arabes ou Berbères indociles, chanteuses, musiciennes et compositrices, originaires du Maghreb comme du Machreq. En contradiction assumée avec le contexte de défiance actuelle vis-à-vis de ces cultures, ce film veut montrer la force d’affirmation de ces femmes qui se battent avec détermination pour imposer leur talent, leur art, leur engagement social, ainsi que leur féminité sans voile. Il ambitionne également de montrer comment leur force créatrice s’appuie sur de nouvelles attitudes mais aussi sur la puissance et la beauté de poétiques très anciennes qui rendent compte de l’extrême diversité de ces mondes, que l’on a trop souvent tendance à amalgamer en un unique univers.

Ce film a aussi une dimension politique directe puisqu’il a été tourné avec des musiciennes originaires de plusieurs pays actuellement en grand déséquilibre : la Tunisie, la Syrie, la Palestine. Ces contextes violents dans lesquels elles vivent, ou qu’elles ont dû fuir, ont évidemment un impact considérable sur leur art.

 

Les musiciennes ayant participé au film :
Hadda ou Akki - Maroc
Amina Srarfi : Tunisie
Oum Kalthoum : Egypte - archive de 1961
Waed Bouhassoun : Syrie
Kamilya Jubran : Palestine
Warda El Djazaïria : Algérie.

 

 

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