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EXOTICA : Poétique d'une place à (re)trouver

Une résidence de territoire

Projet d'intervention et d'expérimentation à caractère artistique, culturel, politique et social

Atlas sonore et poétique

 

 

INTERVENTION PREMIÈRE ANNÉE - 2019

Immersion et premiers pas : à la rencontre des jeunes de Crins II

 

Fin 2018, LAM entame son immersion dans le quartier de Crins II, en rénovation urbaine .

 

Ces périodes de changements physiques au sein d’un espace sont des moments propices pour questionner les manières de vivre, de penser, d’interagir sur un territoire. L’arrivée de médiateurs et d’artistes de LAM au sein du quartier s’effectue de plusieurs manières différentes.

Nous avons d’abord rencontré plusieurs personnes ressources afin de recueillir leurs perceptions du quartier ( plusieurs habitantes et habitants du quartier de Crins 2, de Graulhet globalement, la directrice de l’école publique de Crins, l'équipe du centre social de Graulhet, le gardien du quartier et la directrice de l'agence Tarn Habitat, la médiatrice de la tranquillité publique à la mairie de Graulhet, la responsable politique de la ville à la communauté d'agglomération, les responsables de l'association « synergie », la coordinatrice de l'association Volubilo...). Nous avons arpenté plusieurs fois le quartier afin de l’observer, le ressentir, créer l'occasion d'interactions fortuites avec les habitant.e.s rencontrés dans un premier temps au hasard de détours des barres d'immeubles.

 

Nous avons observé que l’espace public est peu investi et aussi peu attractif. Quelques enfants y jouent, souvent en toute autonomie. Cet espace public n’est pas un espace de partage, de rencontres, de « solidarité ». Plus précisément, nous ne connaissions pas à ce stade l'existence ou pas de systèmes de solidarités internes, et côté externe, le centre social nous semble en représenter un des maillons.

 

Le quartier souffre d'un manque de cohésion sociale, de tensions inter-voisinages et inter/intra-communautaires nuisant à la qualité du vivre-ensemble et ne favorisant pas l'interculturalité : méfiance et rejet dus au manque d'inter-connaissance, conflits de légitimité inhérents à la problématique de l'accueil en France, problématique importante d'isolation phonique des murs intérieurs séparant les habitations privées, absence d'implication dans la vie de la cité, peu de volonté d'aller vers les propositions artistiques et culturelles programmées par les établissements de la commune, séparation hommes-femmes....

 

Ce constat fait suite à ces mois d'immersion in-situ et via les différentes actions d'approche que nous avons mis en œuvre : nous avons proposé des ateliers de lectures en musique pour les enfants du quartier en bas d'immeuble, réalisé avec eux.elles un livre jeunesse bilingue, intervenu à plusieurs reprises au sein de l'école, entré en contact régulièrement avec les habitant.e.s pour mieux connaître la configuration sociale et culturelle du quartier, essayé de comprendre les besoins, les envies, les freins. Constat également partagé avec les principaux acteurs de proximité (bailleur social, centre social, école...) avec lesquels nous sommes régulièrement en contact.

Il semble que la médiation interculturelle, adossée à une compréhension ethnographique du quartier et de ses différentes composantes et au recours à des outils de symbolisation artistique, puisse encourager le réinvestissement de cet espace, d’autant plus dans cette période où le quartier connaît ses profondes mutations géographiques et sociales. C'est dans ce sens que nous orientons les actions que nous souhaitons mettre en œuvre localement, tout en s'appuyant sur un certain nombre de personnes-ressources et de structures partenaires.

Le choix et la motivation de l'équipe d'intervention de cette première année se sont orientés vers des actions ciblant prioritairement la jeunesse du quartier et plus spécifiquement les jeunes habitant.es fréquentant l'école primaire que nous avons pu aborder via le partenariat avec l'école du quartier et par les rencontres de rue. Par leur intérmédiaire, nous avons pu approcher les parents et entamé un travail d'inter-connaissance préparant la deuxième année d'intervention.

INTERVENTION DEUXIÈME ANNÉE - 2020

Avec les habitantEs du quartier : Essai à contre-courant de la tendance genrée et impulsion d'une dynamique de transformation sur fonds de poétique

 

 

L'espace extérieur est majoritairement masculin à Crins. Selon notre enquête sur le terrain1, lorsqu'il y a eu des appels publics à initiative, ceux qui répondent présents sont très majoritairement des hommes. De ce fait, l'espace public, l'espace d'expression et d'ouverture est très genré. D'autre part, toujours d'après cette enquête, il n'y a plus de dynamique collective sur le quartier depuis de nombreuses années.

 

Au début de cette deuxième année d'intervention, nous intervenons auprès des adultes en choisissant de travailler en non-mixité dans un premier temps, avec des habitantes exclusivement.

 

Nous proposons depuis début 2020, deux temps formels et réguliers d'activité :

- un atelier "Corps, Voix et FLE" (Français langue étrangère)

- un cercle de parole collective

Plusieurs temps de rencontre informels ainsi que des ateliers-rencontres thématiques avec des intervenant.es extérieur.es

 

1Enquête menée à partir de recueil de témoignages auprès d'habitants et de professionnels à propos d'initiatives et expériences précédentes, d'immersion sur le terrain et d'observations in situ

​Notre approche du terrain est double :

 

  • Impulser un travail de fond à partir de la constitution et la motivation d'un petit collectif d'habitantes ayant pour caractéristique d'être : intergénérationnel, avec différents profils socio-culturels, et habitantes de Crins 1 ET 2 depuis au moins cinq ans. Nous travaillons à faire acquérir à ce collectif de femmes des compétences afin d'être motrices de transformation sociale pour elles-mêmes et pour la collectivité en tentant d'impulser une dynamique à la fois intérieure (épanouissement personnel, émergence de l'expression, valorisation des talents, autonomisation, conscience politique et poétique...) et extérieure (ouverture à la différence, au “faire ensemble” avec d'autres, à la découverte...). A l'échelle du quartier, notre ambition est que ce travail puisse se diffuser depuis ce noyau dur vers les ecosystèmes de chacune et insuffler une énergie de transformation .

 

  • Agir, en contrepoint de ce travail de fonds, sur d'autres échelles et avec d'autres groupes sociaux, afin d'impulser des fortes dynamiques d'ouverture à certains moments et projeter notre action de fonds à l'échelle communale : interventions artistiques sur l'espace public, partenariats avec des acteurs locaux, projets d'intervention artistiques en milieux scolaires, participation à des dynamiques évènementielles locales...etc.