EXOTICA : Poétique d'une place à (re)trouver

Une résidence de territoire

Projet d'intervention et d'expérimentation à caractère artistique, culturel, politique et social

SCHÉMA GLOBAL D'INTERVENTION, à Crins 1 et 2

...rubrique en cours de rédaction...

 

 

“No doubt that a small group of thoughtful, commited citizens can change the world1

Margaret Mead, anthropologue américaine

 

 

Notre but est de provoquer la rencontre dont le propre est de déclencher une communication entre les participantes. Nous œuvrons pour que la rencontre donne la priorité à la relation interpersonnelle dans l'objectif de cheminer vers le “faire ensemble”. La plupart des participantes se connaissent déjà, plus ou moins. Certaines entretiennent des relations d'amitié, d'autres de voisinage, tandis que d'autres se connaissent de vue, se fréquentent de loin.

 

Nous proposons un cadre d’activités plus ou moins flexible. Ce cadre constitue un support à l’échange et à la communication bien qu'une marge importante soit laissée au contact informel que nous travaillons à l'occasion des immersions dans les intimités des foyers, les accompagnements individuels, les espaces-temps informels...etc.

 

Parallèlement, nous travaillons sur une “dynamique projet” où, dans ce cadre, Il y a le processus mais il y a aussi l'objectif d'aboutir à une réalisation plus “visible” : un repas de quartier, une programmation artistique, un objet de création, un évènement...etc.

Le plus intéressant, par rapport aux activités, est de donner au groupe la responsabilité de la détermination et de l’organisation d'une action: c’est en effet au travers du processus de prise de décision et de réalisation commune que les participantes seront le plus confrontées à la différence.

La réalisation de l’objectif commun passant par la négociation, le choc culturel vécu pourra déclencher la remise en question des valeurs propres.

En règle générale, nous œuvrons à partir d'une double dynamique : s'appuyer sur des propositions d'actions qui émergent du groupe / impulser des actions venant de nous. Les deux s'équilibrent et se répondent ---> dynamique interculturelle : “ce qui m'intéresse”, “ce qui t'intéresse”, “là où on peut se rejoindre”.

1Nul doute qu'un petit groupe de citoyen.nes réfléchi.es et engagées peut changer le monde

Intervenant.es et artistes médiatrices

Camille Sabathier, Meriem Mauget, Pauline Dod, Iman Meslmani

Intervenant.es et artistes invité.es 2020

Mathilde Bardou (théâtre), Loïc Calmejane (théâtre), Absynthe Takis (photographie), Valérie Bernat (activités physiques adaptées), Marielle Duclos (réalisatrice), Nolwenn Le Tallec (théâtre)

 

LES CERCLES FEMININS DE PAROLE COLLECTIVE

 

Issu d'un long travail de terrain qui a débuté en 2019, de rencontre et de mise en confiance, nous avons élaboré avec un groupe d'habitantes un cadre formel d'interaction sociale baptisé symboliquement “Jma3a terni1” ou cercle de parole.

Jma3a terni est une expression de la darija marocaine qui signifie littéralement : le groupe enrichit.

Lors de nos premières prises de contact dans l'espace public, nous avons rencontré le mari d'une des habitantes qui fera plus tard partie du cercle de parole. Celui-ci, après lui avoir expliqué notre intention et l'objet de notre intervention, il a traduit sa compréhension en disant : “En fait, vous voulez faire en sorte que jma3a terni ...“. Depuis, nous avons choisi de retenir cette expression comme leitmotiv et aussi comme lien de connexion avec un des hommes du quartier...à exploiter plus tard !

 

Lors des cercles de parole collective, nous proposons aux participantes des retrouvailles régulières, en vase clos, pour un temps limité, en un lieu donné, coupés de leurs problèmes et de leur cadre de vie ordinaire. Nous les faisons sortir de leur “zone de confort” habituelle (situations d'interactions sociales familières, cercles relationnels choisis, relations individuelles avec nous...etc) en créant cette situation sociale “artificielle”. Ainsi, nous les amenons en quelque sorte à composer un personnage pour réagir et s’adapter à cette situation nouvelle et déstabilisante. C’est ce “choc social” qui va favoriser une prise de conscience et un retour sur soi-même afin de faire émerger un espace de parole individuel puis collectif. En s'appuyant sur ce processus psychosocial spécifique, nous utilisons la puissance de l'outil artistique pour accompagner ce cheminement, le symboliser, le faciliter.

 

Au fur et à mesure des séances, nous élaborons un canevas pour ce cercle de parole. Le canevas a pour objectif de fonder une structure, une charpente sur laquelle on s'appuie, mais aussi de rester attentif et adaptable au mouvement interne du groupe.

 

La charpente est le reflet des activités singulières qui se déroulent lors des temps de cercle et de l'ambition de ces moments. Le mouvement interne du groupe est chaotique, composé de structures informelles et dépendant des aléas du groupe : tantôt le groupe produira une énergie qui bousculera la charpente, tantôt un devenir fonctionnaire s'emparera de lui (les 2 mouvements pouvant avoir lieu en même temps!)2.

1Le 3 symbolise la graphie de la 18ème lettre de l'alphabet arabe classique dont la prononciation se fait par un son guttural et qui est difficilement transposable en phonétique française. Cette manière de retranscrire la phonétique se retrouve beaucoup dans le langage SMS.

2David Vercauteren, Micropolitiques des groupes, pour une écologie des pratiques collectives, Ed. Prairies ordinaires, 2011.

 


Co-animation des cercles : Camille Sabathier et Meriem Mauget

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