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Forró : A la découverte des musiques et danses

du Nordeste brésilien

avec Rita Macêdo et les élèves de l'école élémentaire Fleurance (31300)

Saison scolaire 2014-2015

Travail rythmique

 

Permettre aux élèves, par une approche très ludique, d'explorer les différents rythmes du forró à travers la percussion (corporelle et instrumentale) et les pas de danse.

 

Différents rythmes existent :

 

  • Le rythme considéré comme fondateur est le baião, formalisé et rendu célèbre par la plus grande figure de l’histoire du forró : Luiz Gonzaga. Le terme est issu de l’expression « baiar », forme populaire de « bailar » (« faire le bal »). Ce rythme binaire est inspiré de celui des bandas de pifanos traditionnels. Ce sont des groupes de flûtes et percussions eux-mêmes issus du métissage entre chants indiens, rythmes africains et marches militaires européennes.

  • Le rythme forró à proprement parler est plus rapide et plus syncopé que le baião. C’est le rythme dominant aujourd’hui, probablement parce qu’il est le plus spectaculaire musicalement, et aussi le plus dansant. Le forró se danse par deux, traditionnellement en couple. Il nécessite la complicité des couples danseurs et un bon balancement du bassin pour être bien exécuté.

  • Très apprécié aussi des danseurs, le xote se danse tête contre tête, les yeux fermés, en exécutant en synchronisme des pas glissés selon la formule consacrée « dois pra cà, dois pra là » (« deux pas par ici, deux pas par là »). C’est dans le répertoire du xote qu’on trouve les plus belles mélodies.

  • Par contraste, le rythme arrasta-pé est une adaptation accélérée des marches militaires venues d’Europe. Ce rythme est particulièrement apprécié lors des quadrilhas des fêtes de São João. Il se danse de manière ludique en se balançant d’un côté à l’autre de façon sautillante. Un bon arrasta-pé sème toujours la bonne humeur collective.

  • Le xaxado est quand à lui un rythme ancien et parent du baião qui, selon la légende, aurait été créé par le fameux Lampião et sa bande de cangaceiros (bandits controversés du Sertão). Le xaxado a vraisemblablement des racines rythmiques indiennes indigènes. Il fait d’ailleurs aussi partie du répertoire des bandas de pifanos. C’est à l’origine une danse paysanne, imitant les pas exécutés lors de la culture du feijão (le haricot, aliment de base du Nordeste). Le nom xaxado évoque le son du frottement rythmé des pieds durant le travail (« xa-xa-xa »). Le rythme syncopé du xaxado est bien reconnaissable. Il prend souvent une forme quasiment incantatoire qui emmène les danseurs dans une transe ludique.

  • Il existe bien entendu une multitude de variantes régionales et d’inventions personnelles des musiciens qui utilisent régulièrement d’autres rythmes nordestins. Tel est le cas de la ciranda et du côco. La ciranda est une danse populaire chantée dont le domaine de prédilection est celui de l'univers infantile de danse de ronde. Avec une influence africaine, le côco est une danse accompagnée de chants et exécutée en paires, en files ou en cercles pendant la période de fêtes populaires du littoral et du sertao du nord-est brésilien.

 

Travail mélodique

 

Aborder le répertoire chanté propre au forro à travers des chants simples qui seront travaillés selon le principe de l'oralité, à l'oreille et de manière ludique, permettant aux enfants d'explorer les sonorités de la langue portugaise et de chercher (et trouver!) leur propre voix au sein du collectif chantant.

 

Exploration de l'univers imagé du forro

 

Le contexte d'émergence du forro convoque un imaginaire foisonnant peuplé de personnages tels que le vaqueiro (le vacher qui utilise un chant en onomatopées pour rassembler son troupeau), le bandit Lampião et sa bande de cangaceiros (à qui on doit un des rythmes fondateurs du forro), les paysans qui dansent en cultivant l'haricot.

Cet univers imagé sera le prétexte d'introduire, par le jeu et à l'aide de moments de conte, ces différents constituants dans le processus d'apprentissage des rythmiques musicales et dansées propre au forro.

 

Ces différentes composantes pédagogiques ne se juxtaposent pas chronologiquement. Elles s'imbriquent et s'équilibrent en fonction de l'évolution du parcours et du rythme d'appropriation des élèves.